Les organisations régionales de l’Union africaine face aux crises sécuritaires : entre coopération et concurrence
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Résumé
Résumé
Cet article analyse les relations entre l’Union africaine (UA) et les organisations régionales (Communautés économiques régionales ou CER) dans la gestion des crises sécuritaires en Afrique. Le principe de subsidiarité et de complémentarité a été établi dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). Des tensions persistent entre coordination, coopération et concurrence. Les communautés économiques régionales, en raison de leur proximité géographique et de leur meilleure connaissance des enjeux locaux, interviennent souvent plus rapidement que l’UA. Cependant, cela crée parfois des chevauchements de compétences, des rivalités institutionnelles et des incohérences stratégiques. L’article met en évidence que la coopération reste inégale et souvent conditionnée par des intérêts politiques, sécuritaires ou diplomatiques propres à chaque organisation. Des exemples concrets (comme la CEDEAO au Mali, ou l’IGAD en Somalie/Soudan du Sud) illustrent ces dynamiques. Ainsi, l’article appelle-t-il à une clarification des rôles, un renforcement des mécanismes de coordination et une véritable volonté politique pour transformer cette interaction ambivalente en véritable partenariat stratégique au service de la paix en Afrique.
Abstract
The article analyzes the relationship between the African Union (AU) and regional organizations (Regional Economic Communities or RECs) in managing security crises in Africa. It emphasizes that although the principle of subsidiarity and complementarity has been established within the framework of the African Peace and Security Architecture (APSA), tensions persist between coordination, cooperation, and competition. Due to their geographical proximity and better understanding of local issues, the Regional Economic Communities often intervene more swiftly than the AU. However, this sometimes leads to overlapping mandates, institutional rivalries, and strategic inconsistencies. The article highlights that cooperation remains uneven and is often driven by the political, security, or diplomatic interests specific to each organization. Concrete examples (such as ECOWAS in Mali, or IGAD in Somalia/South Sudan) illustrate these dynamics. In short, the article calls for a clarification of roles, strengthening of coordination mechanisms, and genuine political will to transform this ambivalent interaction into a true strategic partnership in the service of peace in Africa.