Pratique du Tchukudu dans la lutte contre la pauvreté dans la Ville de Goma

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René Bitangi Mukombe
Alphonse Mbate Lupiki

Résumé

Résumé


La pratique du transport des biens par les Tchukudu, qui sont des trottinettes artisanales
essentiellement faites en bois, est une activité de transport réalisé grâce à ce moyen
élémentaire en usage dans la Ville de Goma. Ce phénomène s’inscrit dans le cadre des
activités informelles, exercées par certains habitants pour subvenir à leurs besoins.
Cependant, bien qu’étant une activité ardue, elle ne cesse de drainer un nombre d’acteurs
intrépides, qui la considèrent comme source des revenus pour la lutte contre la pauvreté.
Pour en savoir davantage, l’approche fonctionnelle a servi de cadre de raisonnement, et
s’est appuyée sur une triangulation des techniques, notamment les entretiens
individualisés, des focus group, des enquêtes par questionnaire et la technique
documentaire. Après collecte et analyse des données, les résultats globaux renseignent
que le transport par Tchukudu permet à 39,6% d’usagers d’accéder au revenu, à 53,4%
de lutter contre le chômage, et à 92% d’usagers pour qui c’est une opportunité de lutter
contre la pauvreté. L’appréciation de ce métier par les usagers porte sur le fait qu’il s’agit
d’une activité qui leur permet de générer des revenus et de s’occuper de leur famille en
tant qu’emploi de survie selon 47%, et comme source de revenu pour 32 %. Cette activité,
cependant, n’est pas à l’abri des certaines contraintes. Les résultats, relèvent que certains
besoins de base au sein des ménages des usagers ne sont pas satisfaits. C’est le cas,
notamment de 86,4 % des résultats qui stigmatisent la scolarisation des enfants, 80,9 %
parlent des soins de santé, 58,5 % de l’épargne, 57,8 % pointent le paiement du loyer,
53,7% évoquent l’insuffisance de moyen pour mettre en place une Activité Génératrice
de Revenu. Et, d’autre part, que cette activité est plombée par certaines contraintes qui
entravent son fonctionnement et, par conséquent, affecte son efficacité dans la lutte contre
la pauvreté des ménages à Goma. Il s’agit, entre autres, pour 90% d’enquêtés, des
moqueries et des préjugés lors du transport, au moment du paiement, lors de la discussion de prix, en cas de perte d'un bien ou tout simplement en cas de retard ou par rapport à leur
apparence sale. 


Abstract


The practice of transporting goods using the Tchukudu, a wooden bicycle, is a basic
means of transport that has long been used in the city of Goma. It is part of the survival
activities carried out by some residents to meet their needs. Although it is a demanding
activity, it allows users to meet various needs. To learn more, the approach taken involved
a triangulation of techniques, including individual interviews, focus groups, surveys
through questionnaires, and documentary research. After analysis, the overall results
show that artisanal transport enables 39.6% of users to earn an income and 53.4% to
combat unemployment, meaning that 92% of users see it as an opportunity to fight
poverty. Users' appreciation of this occupation focuses on the fact that it is an activity that
allows them to earn a living and take care of their families as a means of survival
employment according to 47% and a source of income for 32%. However, this activity is
not without certain constraints; among others, 90% of respondents experience mockery
and prejudice during transportation, at the time of payment, when discussing prices, in
case of loss of a good, or simply in case of delay or due to their dirty appearance.

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