Regards croisés sur la responsabilité de l’Etat congolais face aux droits des communautés (articles 30, 12, 61,67 de la Constitution du 18 février 2006) vivant à Kalima dans le Territoire de Pangi en Province du Maniema

Contenu principal de l'article

Adolphe Abeli Butchumi

Résumé

Résumé


Cet article analyse les conditions de vie, les droits et les revendications des communautés Hutu et Tutsi installées à Kalima, dans le territoire de Pangi (Maniema), à la lumière de la Constitution congolaise du 18 février 2006. À travers une approche sociojuridique, l’auteur met en lumière les tensions entre les principes constitutionnels garantissant les droits fondamentaux (égalité, non-discrimination, liberté de circulation, nationalité) et la réalité vécue par ces communautés, souvent perçues comme étrangères ou indésirables. Les articles 12 (égalité devant la loi), 30 (liberté de circulation), 61 (droits intangibles même en cas de crise) et 67 (responsabilité de l’État en cas de violation des droits) sont utilisés comme grille d’analyse pour démontrer que ces groupes subissent une marginalisation structurelle, marquée par des pratiques d’exclusion administrative, des discriminations identitaires, des expulsions. L’article évoque également la mémoire collective traumatique de ces communautés, marquée par les conflits armés passés, les déplacements forcés et la stigmatisation. Toutefois, malgré ces pressions, des dynamiques de résistance communautaire émergent, notamment à travers des revendications identitaires, juridiques et politiques visant à obtenir la reconnaissance pleine et entière de leur nationalité congolaise et de leurs droits. En conclusion, l’auteur interpelle l’État congolais sur son devoir constitutionnel de protection, de justice et de réparation, plaidant pour une politique inclusive qui respecte la diversité ethnoculturelle et l’égalité des citoyens, quelle que soit leur origine perçue.


Abstract


This article analyzes the living conditions, rights, and claims of the Hutu and Tutsi communities settled in Kalima, in the territory of Pangi (Maniema), in light of the Congolese Constitution of February 18, 2006. Through a socio-legal approach, the author highlights the tensions between the constitutional principles guaranteeing fundamental rights (equality, non-discrimination, freedom of movement, nationality) and the lived reality of these communities, who are often perceived as foreigners or unwanted. Articles 12 (equality before the law), 30 (freedom of movement), 61 (non-derogable rights even in times of crisis), and 67 (State responsibility in case of rights violations) are used as an analytical framework to demonstrate that these groups experience structural marginalization, characterized by administrative exclusion, identity-based discrimination, arbitrary expulsions, and a lack of state protection. The article also discusses the traumatic collective memory of these communities, shaped by past armed conflicts, forced displacements, and stigmatization. However, despite these pressures, forms of community resistance are emerging, particularly through identity-based, legal, and political demands aimed at gaining full recognition of their Congolese nationality and rights. In conclusion, the author calls on the Congolese State to uphold its constitutional duty of protection, justice, and reparation, advocating for an inclusive policy that respects ethnocultural diversity and equality among all citizens, regardless of their perceived origin.

Details de l'article

Rubrique
Articles